. Rentrer avec une arme dans une synagogue.

18.07.19

Pergunta

Question : Chalom, j'habite à Paris et je suis policier de ma profession. Baroukh Achem, je suis pratiquant et je fais mes 3 prières par jour. Malheureusement, je ne peux pas toujours les faire avec minian, mais quand j'en ai la possibilité, je vais à la synagogue. Souvent, je suis en uniforme et évidemment, je porte une arme. Aussi, je voulais savoir, si j'ai le droit de rentrer à la synagogue avec une arme. Merci d'avance pour votre réponse.
 

Resposta

Réponse : Chalom ouvrakha, tout d'abord je tiens à vous féliciter pour vos efforts pour faire vos prières avec minian. Nous allons essayer de répondre à votre question béézrat Achem.
Le Orh'ot H'aïm rapporte au nom du Maharam de Rothenburg qu'on n'a pas le droit de rentrer dans une synagogue avec un grand couteau. Il explique que la raison est que la prière rallonge la vie de l'homme, et que le couteau la raccourcit. Il ne convient pas de rentrer d'arme dans la synagogue, endroit fait pour prolonger la vie. Le Rabénou Pérets écrit qu'il n'y a de problème que si on rentre la tête découverte à la synagogue. Le Eliahou Rabba (rapporté par le Michna Broura, 151, 22) veut expliquer le Rabénou Pérets. En fait, il faut lire :"qu'il n'y a de problème que si elle est découverte".

Il dit que le mot "tête" est une erreur, et il ne faut pas le lire. Cela donne que seulement si l'arme est visible, alors il est interdit de rentrer avec, et que le Rabénou Pérets n'a pas parlé de rentrer avec la tête découverte. Le Choulh'an Aroukh (Orah' H'aïm, 151, 6) écrit qu'il y en a qui interdise de rentrer dans une synagogue avec un couteau de grande taille ni avec la tête nue. On voit donc que le Choulh'an Aroukh a tranché la halakha comme le Maharam de Rothenburg et comme le Rabénou Pérets. Toutefois, il ne considère pas que le Rabénou Pérets ait une erreur de version comme l'a avancé le Eliahou Rabba. Il faut savoir que le Biour Halakha permet aux Talmidé H'akhamim (étudiants en Torah) d'utiliser un couteau même long dans un Bet Amidrach (maison d'étude) pour manger, puisqu'il leur est nécessaire. Bien que la raison évoquée de cette interdiction, c'est parce que la prière rallonge la vie de l'homme, elle a aussi lieu d'être dans un Bet Amidrach où on étudie la Torah. En fait, c'est parce que la Torah, aussi, allonge les jours de celui qui l'étudie, (Aroukh Hachoulh'an, 151, 10).

Le Taz (151, 2) pose la question, en quoi cela est différent du Birkat Amazone. En effet, quand on récite le Birkat Amazone, on se doit de recouvrir les couteaux petits et grands, (Choulh'an Aroukh, 180, 5), là-bas aussi car la table est comparée au Mizbéah', qui rallonge la vie grâce aux sacrifices, tandis qu'à la synagogue, on n'a pas permis qu'aux grands couteaux. Il répond que pour le birkat amazone, il suffit de les recouvrir, tandis que dans le bet aknesset (synagogue), il ne faut pas en avoir sur soi. C'est pour cela, que l'on n'a interdit que les grands qui ne sont pas nécessaires en général.

Il en ressort que selon le Taz, il semblerait qu'il ne faut pas du tout l'avoir sur soi, tandis que d'après le Eliahou Rabba, il suffira de les dissimuler. Enfin, le Birké Yossef (séif katan 9) pense que la véritable version est comme le Orh'ot Haïm, et que le Rabénou Pérets permettrait de rentrer avec une arme.
En ce qui concerne les décisionnaires contemporains, le Tsits Eliézer (tome 10, 18), écrit qu'il convient de laisser son arme à l'extérieur. Si ce n'est pas possible, au moins qu'il retire les cartouches, de telles façons que cela devient inoffensif. Il faut aussi les cacher. Toutefois, si pour des raisons de sécurité, il est obligé de garder son arme avec le chargeur, il pourra le garder mais c'est toujours préférable de le masquer du regard.
Le Yéh'avé Daat (tome 5, 18) écrit aussi de la laisser dehors. Si cela peut être dangereux, on la rentrera en la dissimulant, quand cela est possible. Sinon, on pourra rentrer avec, quand elle est apparente. Il s'appuie sur ce qu'a expliqué le Taz, que toute l'interdiction, n'est que quand il n'y a pas d'utilité, mais quand cela est nécessaire, c'est permis. De plus, selon le Birké Yossef, le Rabénou Pérets permet complètement de rentrer avec une arme. Enfin, le Aroukh Hachoulh'an (301, 51) considère que les armes d'un soldat sont considérés comme leurs vêtements.

En conclusion, celui qui a une arme sur lui, ne doit pas rentrer avec dans la synagogue même quand elle est cachée. S'il n'a pas la possibilité de s'en séparer, il pourra rentrer en la dissimulant et en enlevant el chargeur. Si par contre, il ne peut pas faire cela, il faudra au moins la cacher. Sinon, en cas de danger, il pourra la laisser visible.
Béatslah'a !