Organiser un repas dans une synagogue.

18.07.19

Pergunta

Question : Bonjour, j'habite en Province et baroukh Achem, nous avons une synagogue qui fonctionne et qui est un lieu de rencontre pour beaucoup de familles juives dans la région. Aussi, quelquefois, nous nous retrouvons pour des repas communautaires, qui sont accompagnés de cours de Torah ou de conférences à sujet divers. Nous avons une salle où l'on fait ces repas, mais il arrive que cela soit un petit peu exigu. Nous nous sommes demandé si l'on pouvait faire ces séoudot dans la synagogue où l'on prie habituellement. Merci d'avance pour votre réponse.
 

Resposta

Réponse : Chalom ouvrakha, votre question est très intéressante, mais ce qui me fait plaisir, c'est de savoir que baroukh Achem, il y a des communautés actives dans la Province. Qu'Achem vous aide dans toutes vos entreprises et que vous y voyez plein de réussite !

Il est écrit dans la guémara Méguila 28a : "on n'a pas le droit dans une synagogue, de se conduire avec légèreté d'esprit, ni de manger, ni de boire…Rabbi Eléazar dit que les synagogues de Babylone ont été construites sous condition qu'on puisse se conduire à l'intérieur avec moins de rigueur. Malgré cette condition, on ne pourra se permettre de légèreté d'esprit. La guémara continue et raconte l'histoire de Ravina et Rav Ada bar Matna qui étudiaient devant Rava et, tout d'un coup, il a commencé à pleuvoir. Ils sont rentrés dans le bâtiment d'à coté. C'était une synagogue. Ils ont expliqué alors, que la raison pour laquelle ils sont rentrés, ce n'est pas à cause de la pluie, mais du fait, qu'ils étudiaient, et qu'ils avaient besoin d'un endroit tranquille pour se concentrer, et la pluie empêche dérange la concentration. Les Richonim posent la question suivante :"pourquoi Ravina et Rava avaient-ils besoin de se justifier, qu'ils ne voulaient pas s'abriter? Nous avons bien dit auparavant que les synagogues de Babylone ont été construites sous condition alors pourquoi serait-ce interdit d'y rentrer pour s'y abriter ?

Rachi et le Or Zaroua pensent qu'ils n'ont fait cela que par rigueur, mais qu'ils n'y étaient pas obligés. En ce qui concerne les synagogues qui n'ont pas été faites avec une pensée de les utiliser à des fins profanes également, ce sera permis de manger et boire seulement aux Talmidé H'akhamim (étudiants de la Torah).
Le Ramban et le Rachba pensent qu'il est interdit aussi à Babylone de profiter d'une synagogue même aux Talmidé H'akhamim. De plus, la permission de la condition n'est mise en pratique que d'une façon ponctuelle pour des besoins publics. Ce sera permis d'y faire dormir des nécessiteux. On comprend pourquoi les Rabbanim ne voulaient pas rentrer pour s'abriter.

Les Tossafot, le Roch et le Rambam tiennent que toute la permission lorsqu'on a émis une condition, c'est seulement une fois la synagogue détruite. Sinon, tant qu'elle est sur pied, elle garde toujours sa kédoucha (sainteté). Les Tossafots rajoutent qu'on net fait de condition, uniquement en dehors d'Israël. C'est pour cela que les Rabbanim de Babylone ne voulaient pas s'abriter dans une synagogue, car cela ne serait permis que quand elle a été détruite !
 Le Choulh'an Aroukh (Orah' H'aïm, 151, 1 et 11) tranche comme le Rambam et les Tossafot. D'après cela, on ne pourrait pas manger dans une synagogue.

Toutefois, le Taz n'est pas d'accord et permet de donner à manger aux pauvres, quand il n'y a pas d'autre possibilité. De plus, il pense que l'on peut faire une condition même lorsque la synagogue est entière. Le Biour Halakha renforce cette opinion. Il argumente que la majorité des Richonim pensent comme cela (Rachi, Or Zaroua, Ramban et Rachba) et que seuls le Rambam et les Tossafot pensent que la condition ne marche que quand la synagogue est en ruine et seulement en dehors d'Israël.

Le Yérouchalmi dans Pessah'im dit que les synagogues et les baté midrach (salle d'étude) ont besoin d'être vérifiés la veille de Pessah', qu'il n'y a pas de h'amets. Il explique que l'on mange des séoudot au moment où les Sages se réunissaient pour décider de rajouter un 13ème mois à l'année. Il existe une autre version qu'ils mangeaient les chabbat et yom tov. Le Mordékhi apprend de cela, que l'on peut manger dans la synagogue quand c'est pour une mitsva ou si cela est nécessaire pour la synagogue. C'est ainsi que le gardien peut manger et dormir dedans si cela n'est pas possible ailleurs. Le Choulh'an Aroukh (151, 4) ramène cette halakha. Enfin le Maguen Avraam rajoute qu'il sera permis de faire une séouda si elle est rattachée à une mitsva. Le Michna Broura écrit qu'il est interdit de faire un repas où l'on risque de se saouler. La raison c'est que l'on s'appuie sur l'opinion du Ramban et du Or Zaroua que l'on peut restreindre la kédoucha de la synagogue en faisant une condition à sa construction. Elle prendra effet de suite et même pendant qu'elle fonctionne.

Nous avons vu que l'on peut faire des séoudot pour une mitsva dans une synagogue
selon ceux qui ne sont pas d'accord avec le Choulh'an Aroukh, c'est-à-dire le Maguen Avraam, le Taz et le Michna Broura. En ce qui concerne les décisionnaires séfarades, le Or Létsion (tome 2, chap. 10, 4) écrit que d'après le din, cela devrait être interdit, mais l'habitude est de permettre. Il explique que l'on s'appuie sur la 2ème version du Yérouchalmi qui permet même ces repas de chabbat et yom tov.  C'est également l'avis du Yalkout Yossef (151, 3).

En conclusion, on pourra faire un cours de Torah accompagné d'un repas dans l'enceinte de la synagogue. Il faudra faire attention de ne pas y offrir des boissons alcoolisées et évidemment de séparer les hommes et les femmes. Le cours doit être sérieux et sans légèreté d'esprit, comme par exemple un spectacle comique !
Béatslah'a !