22. J'ai volé quelqu'un, mais j'ai oublié qui?

24.03.19

Pergunta

Question: Bonjour, quand j'étais à l'école, je n'étais pas très religieux, et un jour, j'ai vu dans le cartable d'un camarade de classe, son portefeuille. Alors, au moment où il n'y avait personne, j'en ai profité pour lui dérober l'argent qu'il y avait dans son porte-monnaie. Aujourd'hui, grâce à D…, j'étudie à la Yéchiva, et je connais la gravité de ce que j'ai fait. C'est pour cela que je voudrais faire Téchouva. Cependant, je suis incapable de me rappeler à qui appartenait le cartable et donc l'argent du portefeuille. Que dois-je faire pour réparer ma faute?
 

Resposta

Réponse: Chalom, tout d'abord, bravo pour votre courage et votre décision, mais je vous propose de revoir quelques notions concernant votre question.
Comme vous devez sûrement le savoir, la Torah ordonne au voleur de rendre l'objet dérobé ou sa valeur à son propriétaire et ainsi de réparer sa faute. Ceci est écrit dans parachat Vayikra chap.5. Aussi,  dans Yébamot,  118b,il est écrit:"celui qui a volé une personne qui se trouvait dans un groupe de 5, et il ne se rappelle pas lequel d'entre eux. Chacun des 5 dit que c'est à lui qu'il  a volé: Rabbi Tarfon pense qu'il mette la somme dérobée entre eux et qu'il les laisse se débrouiller. Rabbi Akiva pense que ce n'est pas comme cela qu'il pourra réparer sa faute, et il devra donc rendre à chacun cet argent".
 
Le Choulh'an Aroukh dans H'ochen Michpat, simane 365, tranche comme Rabbi Akiva que chacunn devra jurer que c'est à lui, qu'il a volé, et le voleur devra lui rendre. C'est une sorte de sanction sur le voleur, car d'après la vérité, il ne doit qu'à une seule personne.

Cependant, s'il a dit à 2 personnes qu'il a volé un d'entre eux et qu'il ne sait pas lequel des 2, et qu'aucun ne peut dire d'une façon certaine qu'il a été volé. Egalement, quand il ne sait pas s'il a rendu ce qu'il a volé à une personne, et cette personne ne sait pas, non plus, dans ces 2 cas, il ne sera pas obligé de rendre quoi que ce soit. Malgré tout, pour être tranquille par rapport au Jugement Céleste ("latset yédé chamaïm"), il devra rendre aux 2 dans le premier cas et rendre la somme dans le second, bien qu'eux-mêmes ne peuvent le lui réclamer. Toutefois, si le doute porte sur le fait même s'il l'a volé ou pas, il n'y a aucun besoin de lui rendre. 

Le Chakh pense, que quand il ne sait pas qui il a volé et que les 5 l'accuse de les avoir volés, il n'est pas tenu de leur donner comme le dit le Choulh'an Aroukh. En effet, il se base sur le Baal Amaor et d'autres Richonim qui pensent que la Halakha est comme Rabbi Tarfon et non comme Rabbi Akiva comme l'a tranché le Choulh'an Arokh. Il ramène que c'est pour cela que le voleur a toujours la possibilité de dire qu'il pense comme Rabbi Tarfon et les Richonim qui ont tranché comme lui, et de ne pas rendre 5 fois la somme volée.

Cependant, il est évident que s'il ne sait pas qui il a volé, mais simplement, il sait que cet homme habite Jérusalem, il est certain qu'il ne sera  pas obligé de rendre à chaque habitant de Jérusalem ce qu'il a volé. La différence semble être que tout dépend s'il peut mettre des noms sur chacune des personnes qu'il a volées, ou s'il ne sait pas qui il a volé. Dans le premier cas cela revient à être comme le cas des 5 qui viennent à dire qu'ils ne savent pas s'il les a volés. Par contre, dans le second cas, il s'appelle plutôt qu'il a volé un public comme le ramène le Choulh'an Aroukh dans le Simane 366,2, et il devra rendre en payant des tsorkhé rabim, c'est à dire aux biens publics. Là-bas, on parle de professionnels qui viennent à prendre du client sans qu'il le sache. Comme, par exemple, s'il est berger et qu'il vienne à prendre des tontes de laine et de les revendre. Il devra, donc, rendre aux clients. Mais, étant donné que certainement qu'il ne s'en rappelle pas, alors il fera un don au public. Le Aroukh Achoulh'an explique qu'ainsi, il y a de fortes chances que la victime du vol profite un jour ou l'autre du banc qu'il a fait don, car Achem fera en sorte qu'elle arrive à cet endroit pour que sa Téchouva soit complète. Ceci est valable pour tous voleurs qui sait qu'il a volé mais ne se rappelle plus qui. Certains pensent qu'aujourd'hui le mieux, c'est de donner des Sidourim au Kotel car tout le monde y arrive. En fait, c'est le Chlah qui dit ce conseil de faire don  des livres dans une synagogue. Le Igrot Moché met en garde de ne pas en profiter pour recevoir un quelconque honneur pour ce don, puisqu'il ne vient pas par élan de générosité. Le Sma, 231, 34 précise que cette forme de Téchouva n'est pas la meilleure, et que rendre à la personne volée est bien meilleure.

Enfin, citons le conseil du Rav Ben Tsion Abba Chaoul et du Rav Scheinberg, c'est de donner à la Tsédaka la somme prise epour le mérite de celui qu'on lui a dérobé. Ce conseil, bien que discuté par le Pith'é H'ochen chap.4, n'en reste le plus plausible dans les conditions de notre époque où tout le monde voyage et qu'il y a très peu de chance que le volé vienne profiter du banc ou autre bien public. Même au Kotel, les Sidourim étant très nombreux, ce n'est aussi pas très évident qu'il puisse réparer sa faute ainsi.

Donc, dans votre cas, il est préférable de donner à la Tsédaka, la somme enlevée, pour le mérite de celui qui a été volé. Sinon, c'est de rendre à chacun des élèves de votre ancienne classe, mais ceci après plusieurs années vous est sûrement difficillement réalisable. C'est pour cela que la première solution semble être la meilleure!
Béatslah'a et kol touv!